Quand ton col de couleur rose
Se donne à mon embrassement
Et ton oeil languit doucement
D''une paupière à demi close,
Mon âme se fond du désir
Dont elle est ardemment pleine
Et ne peut souffrir à grand''peine
La force d''un si grand plaisir.
Puis, quand s''approche de la tienne
Ma lèvre, et que si près je suis
Que la fleur recueillir je puis
De ton haleine ambroisienne,
Quand le soupir de ces odeurs
Où nos deux langues qui se jouent
Moitement folâtrent et nouent,
Eventent mes douces ardeurs,
Il me semble être assis à table
Avec les dieux, tant je suis heureux,
Et boire à longs traits savoureux
Leur doux breuvage délectable.
Si le bien qui au plus grand bien
Est plus prochain, prendre ou me laisse,
Pourquoi me permets-tu, maîtresse,
Qu''encore le plus grand soit mien?
As-tu peur que la jouissance
D''un si grand heur me fasse dieu?
Et que sans toi je vole au lieu
D''éternelle réjouissance?
Belle, n''aie peur de cela,
Partout où sera ta demeure,
Mon ciel, jusqu''à tant que je meure,
Et mon paradis sera là.
La Pléiade est un groupe (d''abord nommé « la Brigade ») de poètes rassemblés autour de Ronsard : du Bellay, Guillaume des Autels, Pontus de Tyard (1525-1605), Remy Belleau, Jean Dorat, Jean de la Péruse. Ils défendent en même temps l''imitation des auteurs gréco-latins et la valeur culturelle de la langue française. Ils imposent l''alexandrin et le sonnet comme des formes poétiques majeures.
Pierre de Ronsard : Le « Prince des poètes » de la Renaissance (1524-1585) Ses principaux recueils sont les Odes, les Amours et les Discours des misères de ce temps, ces derniers marqués par la propagande catholique lors des guerres de religion.
Joachim du Bellay (1522-1560). Ses oeuvres principales sont la Défense et Illustration de la langue française et les recueils poétiques l''Olive,les Antiquités de Rome et les Regrets. Il a été influencé par Louise Labé, sans jamais la citer.
Étienne Jodelle (1532-1573) est l''auteur de la première tragédie française, Cléopâtre captive (1553)
Jean-Antoine de Antoine Baïf (1532-1589) essaya d''appliquer la prosodie latine, à base de brèves et de longues, à la poésie française.
Jacques Peletier du Mans : Poète, médecin et scientifique français (1517-1582) qui voyagea infatigablement et proposa entre autres une réforme de l''orthographe.
Du Bellay
Ronsard
Sceve, je me trouvay comme le filz d''Anchise
Entrant dans l''Elysee et sortant des enfers,
Quand apres tant de monts de neige tous couverts
Je vey ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.Son etroicte longueur que la Sone divise,
Nourrit mil artisans, et peuples tous divers.
Et n''en desplaise à Londre'', à Venise, et Anvers,
Car Lyon n''est pas moindre en faict de marchandise.Je m''estonnay d''y voir passer tant de courriers,
D''y voir tant de banquiers, d''imprimeurs, d''armuriers,
Plus dru que lon ne void les fleurs par les prairies.
Mais je m''estonnay plus de la force des ponts,
Dessus lesquels on passe, allant delà les monts,
Tant de belles maisons, et tant de metairies.
Joachim du Bellay, Les Regrets, 137
O beaux cheveux d''argent mignonnement retors !
O front crêpe et serein ! et vous, face dorée !
O beaux yeux de cristal ! ô grand bouche honorée,
Qui d''un large repli retrousses tes deux bords !O belles dents d''ébène ! ô précieux trésors,
Qui faites d''un seul ris toute âme enamourée !
O gorge damasquine en cent plis figurée !
Et vous, beaux grands tétins, dignes d''un si beau corps !O beaux ongles dorés ! ô main courte et grassette !
O cuisse délicate ! et vous, jambe grossette,
Et ce que je ne puis honnêtement nommer !
O beau corps transparent ! ô beaux membres de glace !
O divines beautés ! pardonnez-moi, de grâce,
Si, pour être mortel, je ne vous ose aimer.
Joachim du Bellay, Les Regrets, 91
Ce poème constitue une parodie du sonnet II et de ce type de textes pétrarquisants en général.
La Pléiade est un groupe (d'abord nommé « la Brigade ») de poètes rassemblés autour de Ronsard : du Bellay, Guillaume des Autels, Pontus de Tyard (1525-1605), Remy Belleau, Jean Dorat, Jean de la Péruse. Ils défendent en même temps l'imitation des auteurs gréco-latins et la valeur culturelle de la langue française. Ils imposent l'alexandrin et le sonnet comme des formes poétiques majeures.
Pierre de Ronsard : Le « Prince des poètes » de la Renaissance (1524-1585) Ses principaux recueils sont les Odes, les Amours et les Discours des misères de ce temps, ces derniers marqués par la propagande catholique lors des guerres de religion.
Joachim du Bellay (1522-1560). Ses oeuvres principales sont la Défense et Illustration de la langue française et les recueils poétiques l'Olive,les Antiquités de Rome et les Regrets. Il a été influencé par Louise Labé, sans jamais la citer.
Étienne Jodelle (1532-1573) est l'auteur de la première tragédie française, Cléopâtre captive (1553)
Jean-Antoine de Antoine Baïf (1532-1589) essaya d'appliquer la prosodie latine, à base de brèves et de longues, à la poésie française.
Jacques Peletier du Mans : Poète, médecin et scientifique français (1517-1582) qui voyagea infatigablement et proposa entre autres une réforme de l'orthographe.
Du Bellay
Ronsard
Sceve, je me trouvay comme le filz d'Anchise Entrant dans l'Elysee et sortant des enfers, Quand apres tant de monts de neige tous couverts Je vey ce beau Lyon, Lyon que tant je prise. Son etroicte longueur que la Sone divise, Nourrit mil artisans, et peuples tous divers. Et n'en desplaise à Londre', à Venise, et Anvers, Car Lyon n'est pas moindre en faict de marchandise. Je m'estonnay d'y voir passer tant de courriers, D'y voir tant de banquiers, d'imprimeurs, d'armuriers, Plus dru que lon ne void les fleurs par les prairies. Mais je m'estonnay plus de la force des ponts, Dessus lesquels on passe, allant delà les monts, Tant de belles maisons, et tant de metairies.
Joachim du Bellay, Les Regrets, 137
O beaux cheveux d'argent mignonnement retors ! O front crêpe et serein ! et vous, face dorée ! O beaux yeux de cristal ! ô grand bouche honorée, Qui d'un large repli retrousses tes deux bords ! O belles dents d'ébène ! ô précieux trésors, Qui faites d'un seul ris toute âme enamourée ! O gorge damasquine en cent plis figurée ! Et vous, beaux grands tétins, dignes d'un si beau corps ! O beaux ongles dorés ! ô main courte et grassette ! O cuisse délicate ! et vous, jambe grossette, Et ce que je ne puis honnêtement nommer ! O beau corps transparent ! ô beaux membres de glace ! O divines beautés ! pardonnez-moi, de grâce, Si, pour être mortel, je ne vous ose aimer.
Joachim du Bellay, Les Regrets, 91
Ce poème constitue une parodie du sonnet II et de ce type de textes pétrarquisants en général.