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« Regardons le (bricoleur) à l''oeuvre: excité par son projet, sa première démarche est pourtant rétrospective : il doit se retourner vers un ensemble déjà constitué, formé d''outils et de matériaux; en faire ou en refaire l''inventaire; enfin et surtout engager une sorte de dialogue, pour répertorier, avant de choisir entre elles les réponses possibles que l''ensemble peut offrir au problème qu''il lui pose. Tous ces objets hétéroclites(...) constituent son trésor. »Dire que les enfants – et les adultes – d''aujourd''hui dans nos sociétés postindustrielles, ne savent guère se servir de leur mains n''est pas une révélation. Mais il y a plus grave : ils n''apprennent plus par la main, ne pensent plus par la main, alors que c''est la main qui fait l''homme. Il conviendra de retrouver la noblesse de la fonction sociale de la main.Au cours de l''évolution de l''homme, la station debout a libéré la main. Celle-ci, dès lors, est devenue un organe très important. Cette libération a donné à l''homme la possibilité de l''utiliser non plus seulement comme un instrument de déplacement puis de préhension, mais aussi d''action sur le monde. Cette nouvelle action sur le monde s''est inscrite dans le cadre de la construction d''une société humaine. Elle a permis de participer au développement du langage, qui signifie et identifie l''homme. Nous savons notamment depuis les travaux de Jérôme Bruner avec des enfants en bas âge combien l''activité de la main permet à l''enfant de développer de nouvelles compétences au fur et à mesure qu''on la sollicite. Bruner rajoute que l''apparition du langage ne reste possible que dans une société humaine et que c''est une sorte de va et vient entre des stimuli interne d''ordre mécanique et externe d''ordres sociaux qui permettent au langage de se construire et de se structurer. Il est convaincu que la manière dont les mains sont maîtrisées par le savoir-faire, grâce auxquels elles acquièrent leur plein effet adaptatif, peut nous renseigner utilement sur la nature de la résolution de problèmes et de la pensée chez l''homme. Aussi y a t-il l''idée dans ce mémoire que les activités manuelles, et ici plus précisément les activités de bricolage, permettent de participer directement au développement d''attitudes cognitives. On peut affirmer sans trop se tromper que la maîtrise du geste et de l''action avec des outils sont des moteurs de la pensée parce qu''ils permettent une forme d''action sur le monde à travers des matériaux qui le composent. Nous trouvons ce cheminement dans le modèle piagétien de construction de la personnalité. Le développement de l''intelligence se fait d''une intelligence par le corps (pratique ou sensori-motrice) à une intelligence cognitive, par la pensée (abstraite, ou opératoire concrète, puis formelle) qui comprend et résout les problèmes par les raisonnements de la logique.
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