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Le blog du refus de l'échec scolaire

Un blog collectif autour de l’échec scolaire et des pistes de réflexion sur les moyens d'en sortir

 
 

Lutter contre l’échec scolaire : un défi collectif, par Eric Nedelec

 
15/09/2009
 

Une responsabilité collective
Parler d’échec scolaire ne peut se résumer à la désignation d’un coupable,  l’école, les parents, ou la société. Lutter contre l’échec scolaire est une responsabilité collective, à partager par tous, pour mieux le combattre.

Certes il se passe beaucoup de choses à l’école, mais il se  passe aussi des choses avant l’école, et après ! C’est l’addition de différents facteurs qui peuvent accentuer les risques d’échec scolaire. C’est l’addition de différents acteurs  qui peut permettre de trouver des solutions. C’est la dynamique que propose l’ANLCI.


L’échec scolaire n’est pas synonyme d’illettrisme
Il ne faut pas faire d’amalgame : les jeunes en échec scolaire ne seront pas tous illettrés. Mais parmi les 150 000 jeunes qui sont considérés en échec scolaire, un nombre non négligeable d’entre eux ont de très grandes difficultés avec les savoirs de base : c’est-à-dire qu’ils ont le plus grand mal à lire, écrire, ou  compter.  Ils représentent aujourd’hui environ 5 % d’une classe d’âge (source Journée d’Appel et de Préparation à la Défense).
Quel que soit le niveau de difficultés, il faut intervenir le plus vite possible et le faire d’une manière durable. Mais l’illettrisme touche bien d’autres tranches d’âges. Ce sont les plus de cinquante ans qui sont les plus nombreux à y être confrontés.


On ne naît pas illettré…
Tant que les enfants sont à l’école primaire, où ils entretiennent une relation « personnalisée » à l’enseignant, ça va. Le changement de repères, la rupture que constitue l’entrée au collège peut s’avérer catastrophique pour celles et ceux qui, déjà fragiles à l’école primaire, perdent peu à peu pied. Il est important de le rappeler : on ne naît pas illettré, il n’y a pas d’enfant « destiné » à l’échec scolaire. Cependant des inégalités fortes existent et elles ne permettent pas à tous d’entrer dans les mêmes conditions dans l’apprentissage. Pour certains l’écrit fait déjà partie du quotidien, à la maison , dans l’entourage, ils disposent  de solides bases lexicales, on leur a beaucoup parlé depuis qu’ils sont, par exemple… D’autres au contraire, entrent à l’école sans avoir été suffisamment familiarisés avec l’expression orale et écrite.


Un défi collectif

Pour qu’elles soient efficaces, qu’elles aient un impact auprès des personnes auxquelles elles s’adressent,  il faut que les actions soient collectives, qu’elles concernent l’ensemble des acteurs et des personnes qui sont en relation avec l’enfant. Ainsi il faut que la famille puisse être associée et puisse aussi s’associer , qu’elle se sente concernée par la scolarité de ses enfants. Mais l’école est un monde difficile à décoder, opaque pour bien des parents. Quand certains parents, par exemple  ne savent pas lire, ils ont du mal à comprendre le  contenu du cartable de leurs enfants ! Si l’école organise une réunion d’information : certaines familles n’oseront pas y participer.

Dans l’une des actions expérimentales que nous conduisons, une maman qui éprouve des difficultés avec la lecture et l’écriture  nous dit : «  lorsque nous parlons et que nous lisons ce n’est pas facile pour nous, les gens croient que nous sommes des étrangers».

Or  il ne faut pas confondre illettrisme et immigration, les 3 100 000 personnes confrontées à l’illettrisme en France ont été scolarisées dans notre pays et 80 % d’entre elles parlaient uniquement le français à la maison dans leur enfance.Tous les guides, toutes les fiches méthodologiques, tous les dossiers destinés aux parents publiés dans les magazines ne règleront pas le problème ! Ils rapprochent un peu plus ceux qui ne sont déjà  pas trop loin, mais risquent d’éloigner encore un peu plus ceux qu’on voudrait bien impliquer.

Il faut travailler avec tous les parents, leur donner confiance notamment en favorisant l’accès à une formation de base, réfléchir à des supports adaptés aux enfants et à leurs parents... D’autant que certains parents sont particulièrement motivés, au moment où leurs enfants entrent à l’école, pour recommencer un apprentissage, et pouvoir suivre la scolarité de leurs enfants    .


Des bonnes pratiques pour lutter contre l’échec scolaire

La mission de l’ANLCI consiste à informer, sensibiliser, orienter les différentes politiques publiques. C’est pourquoi nous accordons aussi beaucoup d’importance à ce qui marche pour lutter contre l’échec scolaire. Nous cherchons et trouvons  les bonnes pratiques existantes pour les reproduire et  les rendre plus transférables d’une région à l’autre.

Il existe, par exemple dans le Nord-Pas-de-Calais, un dispositif initié par l’éducation nationale, mis en place pour des jeunes en risque de « décrochage » dans les lycées professionnels: des retraités de l’éducation nationale après avoir suivi une formation spécifique aident les lycéens. C’est un principe simple,  une forme de « tutorat bénévole » et compétent qui marche très bien.

En Outremer, on trouve de très bonnes pratiques autour du conte. L’île de la Réunion propose des « centres académiques de lecture et d’écriture », sur le modèle des classes de mer (« classes transplantées »). En métropole L’AFEV a, elle aussi, des initiatives très intéressantes : des étudiants viennent dans les familles avec des livres, avant l’entrée à l’école primaire des enfants notamment. C’est de la prévention, c’est très important et efficace.

Par Eric Nedelec, chargé de mission national pour l’ANLCI (Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme)



 

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