Le collège n’est pas la catastrophe que l’on décrit, notamment ceux qui veulent remettre en cause le collège unique. Mais de toute évidence, les élèves n’y sont pas très heureux, les enseignants non plus, et les résultats ne sont pas formidables.
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Extrait vidéo :
François Dubet: vers un collège "accueillant" ?
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Je crois qu’il y aurait des choses à faire. D’abord, affirmer très clairement les objectifs du collège comme des objectifs de culture commune. Il faudrait que le collège, comme il l’est dans les pays scandinaves, ne soit pas sélectif du tout, que l’on garde ensemble tous les élèves. La sélection commencera après, quand l’école cessera d’être obligatoire.
Je crois aussi qu’il ne faut plus que la culture commune du collège soit définie par la filière générale du lycée. La moitié des élèves qui quittent le collège vont faire soit un bac technique, soit une filière professionnelle. Il est quand même incroyable que rien de cette culture ne soit enseigné au collège.
Il y a un second enjeu : notre capacité de faire des établissements des endroits éducatifs, des endroits accueillants. Tant que le métier d’enseignant sera défini uniquement autour de la transmission d’un savoir reposant sur la maîtrise disciplinaire du maître, les établissements scolaires ne seront pas des espaces éducatifs.
On pourrait imaginer que l’école ne se donne pas pour unique objectif de fabriquer des gens savants : elle pourrait fabriquer des citoyens confiants, épanouis, heureux, coopératifs... Ce ne sont pas des voeux pieux : cette image d’une école plus accueillante prend à rebrousse poil un grand nombre de réflexes de notre système éducatif.
Par François Dubet, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales. (Entretien réalisé par Eunice Mangado Lunetta).
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