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Le blog du refus de l'échec scolaire

Un blog collectif autour de l’échec scolaire et des pistes de réflexion sur les moyens d'en sortir

 
 

Peut-on refuser l'échec scolaire?

 
22/09/2009
 

Refuser l'échec scolaire? par Jeanne-Claire Fumet

Peut-on refuser l'échec scolaire? Fait-on jamais autre chose? L'échec scolaire est vécu comme un drame par les élèves qui le subissent, mais aussi par les enseignants qui y voient le naufrage de tous leurs efforts, par les parents qu'il culpabilise et par l'institution qu'il remet en cause. La collectivité en dénonce le scandale, les pouvoirs publics se déploient en réformes antidotes : le front du refus est unanime, mais l'échec perdure.

En quoi consiste-t-il? Disons : en l'inadéquation entre des individus et le processus de formation auquel ils sont soumis. D'un côté, l'infinie diversité des êtres contre l'uniformité d'une machine à formater; de l'autre, l'impératif d'un bagage suffisant pour prendre part au monde contre l'indiscipline des passions individuelles, dira-t-on.

Le « système » scolaire favorise, il est vrai,  un petit nombre de performances mentales (héritées de traditions culturelles et de modes d'organisation techniques) dont le privilège semble parfois aberrant. Mais la diversité et la multiplication de ses usagers en fait craquer les jointures : comment ignorer la formidable créativité - le sens de l'adaptation protéiforme - qui se fait jour à tous les niveaux de l'enseignement ?

On ramènera volontiers le problème à la question de l'évaluation : ne pas évaluer pour ne pas juger et hiérarchiser;  afin d'effacer la notion d'échec; évaluer pour mesurer l'efficacité des pratiques et l'acquisition des compétences, pour lutter contre les effets d'abandon. Ne pas évaluer pour respecter la diversité des personnalités et des talents, mais aussi évaluer pour permettre les comparaisons générales et les validations négociables en société. Ces exigences non négociables sont incompatibles.

A moins que l'alternative ne dissimule un autre enjeu.    

La tradition de la conscription militaire nous a légué la catégorie de « classe d'âge ». La corrélation entre âge et niveau d'acquisition scolaire fascine comme une mesure objective du degré de performance : parents, enseignants, autorités et évaluateurs du système ont beau n'être pas dupes,  le critère obsède et chacun renvoie à l'autre la responsabilité du décalage entre la norme et le réel. Échec scolaire et retard scolaire valent comme synonymes.

Or, quelle horloge suprême établit la mesure de ce retard? L'hétérogénéité du développement mental est admise. On reconnaît la nécessité de diversifier parcours et méthodes, on encourage l'invention de nouvelles manières d'enseigner, mais le couperet tombe pour tous à la même heure. Pas de retard. Comment ne pas y voir le signe discret mais récurrent de la compétition et de la rivalité, si présentes à nos modèles sociaux?

Plutôt que rejeter la norme (sans cesse révisée et corrigée) ou rejeter « l'anormal » (embarrassant épiphénomène), ne pourrait-on s'interroger sur la modalité de leur mise en relation? Si l'on admet que la norme pédagogique est appréciative et non déterminante, qu'elle pose le modèle d'un champ de compétence et non les critères d'une expertise technique; si l'on accepte de voir l'école comme une pratique de réalisation et non comme un outil de production, ne peut-on pas convenir qu'elle n'est pas l'affaire d'une classe d'âge mais le souci de toute une vie? Et si l'on considère, à l'inverse, qu'elle relève d'une logique productive efficace, comment s'indigner qu'elle rejette à la marge le résidu récalcitrant de son efficacité?

La question ne serait pas alors de refuser l'échec scolaire, mais de repenser collectivement la place et la fonction de l'institution scolaire tout au long de la vie des citoyens, et pas seulement dans les années réglementaires de leur formation initiale. 

Par Jeanne-Claire Fumet

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Publié dans : L'échec scolaire
 
 
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Tous les commentaires (6)
  Mpol Osier Boniface : le 23/09/2009 à 04h46    
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  jilali sylvie : le 23/09/2009 à 09h25    
  Votre approche est intéressante,car elle a le mérite de décentrer le problème. Depuis le temps que l'éducation nationale tourne en rond (en dépit de l'investissement des enseignants et des multiples tentatives de réformes), penser autrement les apprentissages, dans dans projet de vie collective autre,est certainement une des voies à suivre. je suis assistante sociale auprès du Juge des enfants, et c'est vrai que l'échec scolaire est extrêmement stigmatisant pour l'enfant et ses parents. Nous-mêmes, dans nos suivis éducatifs, nous ramenons tout ou presque à la scolarité. Au moindre retard, c'est l'orientation vers les soins, type prise en charge CMPP.C'est abusif et pas toujours efficace!!!!Même pour redoubler un classe de moyenne section, on s'adresse à présent en Haute garonne à la MDPH (maison du handicap...)La réussite scolaire conditionne tout, de manière très stressante et très dévalorisante pour l'enfant en difficulté.Je connais beaucoup d'enfants très malheureux de ça. Et de générer la colère, la honte ou le découragement de leurs parents... Alors oui sans doute faudrait-il enseigner autrement, et dans un laps de temps qui laisse la place et la chance à chacun d'apprendre à tout âge de la vie.  
  MARZOUK : le 24/09/2009 à 11h34    
  Bonjour , Je pense que les découvertes d' Antoine de La Garanderie seraient très utiles à toutes les personnes qui veulent lutter contre l' échec scolaire. Il s'est intéressé à ce qui se passe dans l' esprit pour les processus fondamentaux comme " faire attention " , "mémoriser" , " comprendre" , "réfléchir" , " imaginer" Il explique COMMENT procéder. Il fournit une méthode pour bien utiliser son cerveau, c'est passionnant et très utile pour chacun de nous. On demande aux personnes de bien travailler sans leur dire COMMENT faire et Antoine de La Garanderie indique COMMENT procéder. L' idée essentielle c 'est de transformer volontairement ce que l' on perçoit en images mentales visuelles et/ou sonores dans son esprit ( cette action a pour nom évocation ) Vous pouvez me contacter au 01 58 50 64 47 ( tel.bureau) Cordialement Gilbert MARZOUK 3 titres passionnants ( achetés à la FNAC rue de Rennes à Paris) : "réussir ça s' apprend " par Antoine de la Garanderie et Daniel Arquié "tous les enfants peuvent réussir" par Antoine de La Garanderie et Geneviève Cattan "développez l'intelligence de votre enfant par la méthode de La Garanderie" par Francoise BRISSARD  
  Mpol Osier Boniface : le 24/09/2009 à 04h32    
  Le Collège Saint Boniface de la République Démocratique du Congo trouve important le thème sur le refus de l'échec scolaire. Souhaite s'adhérer au blog de Refus de l'Echec Scolaire. Veuillez nous renseigner et au besoin nous documenter. ACDIN Collège Saint Boniface B.P. 11 Kin 24 Avenue Prestige n°13 Q. Sans Fil/ Commune de Masina Kinshasa/R.D.C.  
  M.Hester : le 08/10/2009 à 01h58    
  Pour compléter la remarque de Marzouk, un autre processus fondamental conditionnant succès ou échec scolaire, notamment lors de la transition vers le collège, est ‘S’ORGANISER, en particulier, organiser ses devoirs et activités. Les défaillances sur ce terrain creusent rapidement les écarts. N’ayant pas trouvé de méthode simple, gratuite, facile à mettre en oeuvre qui expliquerait COMMENT s’y prendre, et en qualité de chef de projet (et de parent !), nous avons développé bénévolement un kit Méthode et Outil tentant d’apporter une réponse concrète aux « primo-collégiens ». Ce, dans le cadre de l’initiative du Président Obama « United We Serve” (http://serve.gov/stories_detail.asp?tbl_servestories_id=193). L’option ‘low-tech’ a été volontairement retenue pour en permettre l’accès aux élèves de toute origine sociale.  
  M.Hester : le 08/10/2009 à 02h00    
  Pour compléter la remarque de Marzouk, un autre processus fondamental conditionnant succès ou échec scolaire, notamment lors de la transition vers le collège, est ‘S’ORGANISER, en particulier, organiser ses devoirs et activités. Les défaillances sur ce terrain creusent rapidement les écarts. N’ayant pas trouvé de méthode simple, gratuite, facile à mettre en oeuvre qui expliquerait COMMENT s’y prendre, et en qualité de chef de projet (et de parent !), nous avons développé bénévolement un kit Méthode et Outil tentant d’apporter une réponse concrète aux « primo-collégiens ». Ce, dans le cadre de l’initiative du Président Obama « United We Serve” (http://serve.gov/stories_detail.asp?tbl_servestories_id=193). L’option ‘low-tech’ a été volontairement retenue pour en permettre l’accès aux élèves de toute origine sociale.  
 
 
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