Mutée en centre ville… par Anne Duvelle
Je suis mutée dans un collège de centre ville : j’imaginais que c’en était fini de l’échec scolaire. Pas du tout , je suis promue pp d’une classe de cinquième dite à projet, à effectif allégé (26 élèves… ) composée d’élèves faibles relevant pour certains de segpa ( il n’y a pas de place en segpa ) et d’une impressionnante batterie de redoublants des enfants n’ayant pas travaillé l’année précédente pour des raisons diverses. Des profs de bonne volonté, mais pas vraiment habitués à du travail en équipe.
Alors d’abord convaincre les collègues de réfléchir ensemble, et élaborer des stratégies pour remettre ces élèves en confiance :
- évaluer les compétences du socle commun avant tout, valoriser chaque compétence acquise ou en cours d’acquisition : leur donner une grille à remplir chaque fois qu’un prof estime une compétence disciplinaire ou interdisciplinaire acquise. Que les progrès soient visibles !
- insister sur l’apprentissage de la citoyenneté, à travers le respect du règlement intérieur du collège.
- dédoubler certaines heures pour pouvoir proposer quelques pistes de réussite à chaque élève
- partir du projet collège et cinéma de la collègue de français pour leur donner à créer des pages dans le site du collège un travail personnel visible par tous sur Internet
- donner régulièrement peu de travail à la maison dans chaque matière, du travail accessible à chaque élève, et vérifier systématiquement qu’il est fait. Obtenir le soutien des parents à ce sujet.
- proposer un prof référent à chaque redoublant, à chaque élève plus fragile, quelqu’un à qui parler de ses projets d’orientation, de l’évolution de son travail en classe et à la maison.
Ici, pas de TBI dans les salles pour les captiver et de les pousser à être plus actifs en classe . La direction du collège est pessimiste sur les moyens d’en avoir… ici le conseil général aide les familles à payer la cantine, qui pourrait le lui reprocher ?
Juste quelques pistes à partager et affiner avec les collègues de façon à ce que les élèves sentent une cohésion dans l’équipe.
Merci au café de m’avoir permis de réfléchir à tout cela…
Par Anne Duvelle, enseignante