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Le blog du refus de l'échec scolaire

Un blog collectif autour de l’échec scolaire et des pistes de réflexion sur les moyens d'en sortir

 
 

Le « Hors l’école » : un lieu d’apprentissage, par Bernard Bier

 
15/09/2009
 

Trois conditions sont nécessaires pour favoriser la réussite scolaire* (à laquelle ne saurait d’ailleurs se réduire la réussite éducative) :

Penser la complémentarité éducative : avoir une approche globale de l’enfant dans les différents espaces/temps de la famille, de l’école, du centre de loisirs, des activités socio-culturelles et sportives, des sociabilités entre pairs, et pour cela travailler dans la coopération des différents acteurs éducatifs

Penser le continuum éducatif :  prendre en compte les spécificité de chacun, de ses rythmes et manières d’apprendre, prévenir ses fragilités et s'appuyer sur ses ressources. Autrement dit concilier approche collective et une certaine forme d’individualisation. Sans perdre de vue l’exigence de culture commune et de démocratisation de l’accès aux savoirs fondamentaux, à la culture…

Penser la sécurisation des parcours : le passage de l’école primaire au collège est déstabilisant ; entrer dans des apprentissages, et en particulier dans les savoirs scolaires, c’est aussi entrer dans de « l’insécurité cognitive ». Sécuriser le cadre de l’enfant, cela signifie travailler sur la dimension hospitalière des lieux d’apprentissage, à commencer par l’école. Cela signifie également garantir un accompagnement, à la manière, par exemple, du tutorat. C’est ce que font les étudiants de l’AFEV en intervenant auprès des plus jeunes. C’est ce que font assez naturellement les parents des classes supérieures, lorsqu’ils aident leurs enfants à faire leurs devoirs. Mais c’est nettement plus compliqué pour les parents des classes populaires, qui ont souvent peur de « ne pas savoir faire ».

Tirer parti des temps « non scolaires »

Penser le développement de l’enfant, penser ses apprentissages y compris scolaires y imposent de valoriser ce qui fait la spécificité du « hors scolaire » : espace/temps  de découverte du monde, des autres et de soi, de socialisation, d’expérimentation, de construction. Où il est possible dans des activités ludiques, d’expression ou de création de s’initier au patrimoine, d’apprivoiser le monde et de rentrer dans des « interactions langagières » avec les adultes. Les professeurs, par exemple, ont tendance à ne faire parler principalement les élèves volontaires ; et dans certains milieux populaires, les échanges sont parfois rares avec les adultes. Cette capacité langagière est pourtant, comme le montrent maintes études, un des vecteurs de la réussite scolaire  C’est pourquoi des lieux comme les centres de loisirs et les maisons de quartier sont incontournables…

L’école, du moins dans sa forme actuelle, oppose en permanence aux enfants leurs manques. Une des forces du temps « non scolaire », c’est de s'appuyer moins sur ces manques que sur les compétences, les ressources des enfants et des jeunes pour favoriser leurs apprentissages. De les valoriser.

* Le champ de compétence de l’INJEP est moins celui du champ scolaire que celui du « hors scolaire », ce qu’on peut appeler l’éducation « non formelle », voire l’éducation « informelle ».

Par Bernard Bier, chargé d'études à la Mission Observation Evaluation de l’INJEP.


 

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Publié dans : Bonnes pratiques pour lutter contre l'échec scolaire
 
 
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Tous les commentaires (1)
  rogers : le 18/09/2009 à 08h49    
  Quand il y a échec ou difficulté de scolarisation, les solutions reposeront toujours sur les acteurs: enseignants, parents, élèves. il faut commencer par une bonne communication où chacun est à égalité. Assurer cette égalité doit impliquer une tierce personne médiatrice (bénévole,disponible, formée, neutre).  
 
 
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