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Cinéblog

 
 

Pluie de récompenses sous les palmiers

 
08/06/2009
 

Le festival de Cannes se rapproche de la fin et les élèves de la (Toute) jeune critique vivent leurs derniers moments ensemble. Moment fort de la matinée: la remise des prix des meilleures critiques allemande et française écrites au cours de la semaine. Ce soir, les lycéens remettront à leur tour un prix au réalisateur Shahram Alidi pour son film "Whisper with the wind", leur favori au sein de la Semaine de la Critique.



Vendredi, fin de la deuxième semaine. Les professionnels du cinéma ne sont pas les seuls à avoir les yeux cernés dans les rues de Cannes. Les 32 jeunes critiques sont eux aussi en fin de marathon. Ils ont peu dormi, enchainé projections, rendez-vous officiels et amusements nocturnes. "Moi, je pourrais continuer comme ça pour toujours. Je crois que je vais rester ici, finalement…", plaisante Philippe de Colmar. Aujourd'hui, il a remis son costume et son nœud papillon pour les cérémonies officielles.

Dans le pavillon TV5MONDE directement installé sur la plage, les responsables de l'OFAJ s'apprêtent ce matin à récompenser le travail des élèves. L'excitation est palpable parmi les jeunes français et allemands. C'est le moment d'annoncer le prix de la meilleure critique. Pour la critique allemande, c'est l'animateur du projet Frédéric Jaeger qui appelle les vainqueurs. Quand elles entendent leur nom, Jenny Dreier et Claudia Kück poussent un cri de joie. Leur critique du film "Ordinary People" a séduit les professionnels. Ravies, les filles ont tenu à féliciter leurs deux collègues du lycée de Wunstorf. "Ils nous ont beaucoup aidé. C'est aussi leur prix!".

Côté français, c'est Alix Weidner et Olga Benne du Lycée Paul Valéry de Sète qui se voient remettre le trophée des mains de la secrétaire générale de l'OFAJ Béatrice Angrand. Leur professeur est ravie: "J'ai essayé de leur transmettre ma passion pour le cinéma et la littérature. Elles me donnent beaucoup en retour. Je suis très contente pour mon petit lycée de Province qu'on oublie trop souvent".
Leur séjour à Cannes, en tout cas, les lycéens ne sont pas prêts de l'oublier. Dans la foule ou dans une salle de cinéma, ils ont encore quelques heures pour profiter de leur dernière soirée au festival. La semaine prochaine, ils seront de retour sur les bancs de l'école…

Eva John et Romy Strassenburg
 

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"Un film culotté qui méritait d'être primé"

 
08/06/2009
 

Délégué général de la Semaine internationale de la Critique, Jean-Christophe Berjon a guidé les lycéens pendant les délibérations de la (Toute) jeune critique. Après plus de deux heures de discussions enflammées, c'est le film irakien "Sirta la gal ba" ("Whisper with the wind") du réalisateur Shahram Alidi qui est finalement choisi pour recevoir le prix. Sélectionneur, animateur, grand connaisseur et un brin blagueur, Monsieur Berjon nous a livré ses réactions juste après le verdict des lycéens.



Êtes-vous content que "Sirta la gal ba" ("Whisper with the wind) remporte le Prix de la (Toute) jeune critique?
Je respecte totalement le choix des jeunes, même si je n'aurais absolument pas voté pour celui-là! Ce film est culotté. Il vient d'un pays auquel on ne pense pas souvent en termes cinématographiques. Il a été tourné dans des conditions très précaires voire dangereuses. Le réalisateur kurde a dû se battre pour le faire. Pour toutes ces raisons, on peut se réjouir du fait qu'il soit primé.  

Ce choix vous surprend-il?
Je suis épaté que les jeunes aient eu envie de défendre ce genre de cinéma, même si j'ai l'impression qu'ils ont un peu sous-estimé d'autres films qui étaient pourtant à leur portée. Une chose est sûre: ils ont été touchés par les films les plus grandiloquents. Leurs deux premiers choix étaient des films qui évoquent tous les deux la guerre, la mort! J'ai beaucoup travaillé avec les adolescents et je sais qu'ils aiment traiter de ces thèmes-là.

Comment qualifieriez-vous le déroulement de la discussion?

Le film qui a eu le plus de voix lors du premier tour de table est celui qui gagne à la fin. Il y a donc une cohérence! Par ailleurs, j'ai trouvé le débat autour du film "Adieu Gary" particulièrement intéressant. Ce film, qui parle d'intégration, a été défendu par un lycée un peu moins "protégé" que les autres. Mais leur voix n'a pas vraiment été entendue par les autres, qui n'ont pas du tout accroché. 

Est-ce difficile de ne pas intervenir dans les débats?

Très difficile! C'est horrible! Mais c'est leur prix, leur bébé. Ils ont passé une semaine à travailler, à penser autour de ces films là. Il ne faut les priver de cet "accouchement" J'ai dû me refréner pour n'intervenir que sur du factuel. Mon rôle est de leur donner des clés mais en aucun cas de me prononcer sur leurs jugements personnels. Je suis intervenu seulement deux fois pour recadrer le débat. Je leur ai rappelé qu'on ne peut pas demander à un film cérébral d'être poétique et inversement. Il faut comparer ce qui est comparable… Quand "Altiplano" a été éliminé parce que les jeunes détestaient tous la dernière scène, je n'ai rien dit. Mais ensuite, je leur ai dévoilé que nous l'avions sélectionné précisément pour cette séquence finale!

Propos recueillis par Eva John et Romy Strassenburg.



 

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La course aux invitations devant le tapis rouge

 
08/06/2009
 

A Cannes, le défi de tous les cinéphiles non accrédités est de décrocher une entrée pour le fameux Palais des Festivals. Après leur journée de travail, les 32 lycéens de la  (Toute) jeune critique s'adonnent aussi à ce petit jeu. Tous les soirs, ils enfilent leurs plus belles tenues et partent à la recherche de tickets pour la Compétition officielle.

Les jeunes invités par l'Office franco-allemand pour la Jeunesse savent bien que l'opportunité ne se représentera peut-être pas de si tôt. C'est pourquoi ils ont décidé de profiter à 100% de leur séjour sur la Croisette. Et de tenter chaque soir de monter les marches rouges pourtant seulement accessibles sur invitations.



Pour accueillir au mieux les nombreux professionnels de l'industrie cinématographique, le plus grand évènement médiatique au monde est soumis à une organisation des plus strictes. Chaque badge correspond à un statut: presse, production… Certains badges donnent accès à toutes les séances, d'autres  à certaines sections seulement.

Pour les critiques en herbe, le défi est clair: dégoter des invitations bleues, les seules qui donnent un accès direct au tapis rouge. Après quelques jours sur place, ils ont désormais la technique. Laura et ses copines de Chambéry sont les premières à avoir tenté le coup la semaine dernière.

Une invitation contre un bisou
Première étape: se mettre sur son 31. Car pour les marches du palais, la tenue de soirée est de rigueur. Ensuite, il s'agit de trouver des places. Un joli sourire, un panneau "Une invitation contre un bisou" et pas mal de culot: voilà une recette qui semble marcher pour Claudia, Julia et leurs copines de Wiesloch et Wunstorf.

Philippe, élève de Colmar, est persuadé que c'est plus facile pour les filles. Malgré tout, il a réussi à force de persévérance, à assister à la projection d'Antichrist, le dernier film de Lars Von Trier. "On se sent important! La salle est gigantesque, le son est d'une qualité exceptionnelle", s'enthousiasme-t-il.

Pour les lycéens comme pour tous les visiteurs à Cannes, le glamour fait partie du jeu. C'est ça, Cannes. C'est par exemple Jean-Claude Vandamme qui sort vers minuit d'une fête VIP sur un yacht privé et défile dans son cabriolet blanc sous les flashs et les cris. Ce sont aussi les fans qui s'installent sur des chaises en plastique dès le matin pour être aux premières loges au passage des célébrités le soir.

Mais pour Marlyne, le glamour ne fait pas tout. Au contraire: "moi, j'ai préféré les films de la Semaine de la Critique que ceux présentés en compétition officielle", remarque-t-elle. Ce qui ne l'empêchera pas, ce soir encore, d'essayer de fouler une fois encore le tapis rouge. 


Eva John et Romy Strassenburg
 

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Comme des pros

 
08/06/2009
 

C'est sous un grand soleil qu'a démarré la deuxième semaine du festival de Cannes pour les 32 lycéens français et allemands invités par l'OFAJ à participer à  la (Toute) jeune critique. Récit d'une journée avec eux en direct la "Semaine internationale de la critique".

Ses camarades de classe berlinois ont été un peu déçus de ne pas pouvoir participer à l'aventure. Moritz, élève de 17 ans du lycée John. F. Kennedy de Berlin, est assis au soleil devant la Maison des Associations. C'est dans cette vieille villa que bat le cœur de la (Toute) jeune critique. Moritz se souvient: "Moi aussi, j'ai eu du mal à y croire. Rien qu'à Berlin, il y a déjà tant de classes qui s'étaient inscrites au concours!". Sur les conseils de leur professeur, la classe de Moritz a présenté un texte sur le téléfilm Une histoire à ma fille.

Aujourd'hui, Moritz se retrouve à discuter avec 31 autres jeunes du film qu'ils ont vu ce matin au sein de la Semaine internationale de la critique: Mal día para pescar, première œuvre du réalisateur espagnol Álvaro Brechner. Un film qui provoque des réactions bien différentes d'un élève à l'autre…

La française Hana, 16 ans et originaire de Pantin, ne mâche pas ses mots: le film ne lui a pas plu. Elle n'a pas compris le message. Y en avait-il un au juste?, se demande-t-elle. D'autres ne sont pas d'accord  avec elle. Les uns ont été touchés par la musique, d'autres par la lumière, d'autres encore par le jeu des acteurs.

Après la discussion, place au travail. Par groupes de deux, les élèves s'attèlent à la rédaction de critiques, jugent les productions des autres pour finalement élire leurs textes favoris. En fin d'après-midi, tout le monde est prêt pour l'annonce des résultats. Peu après, un texte par lycée sera envoyé aux médias partenaires. Comme des pros, nos jeunes ont très peu de temps pour rédiger. Il faut aller à l'essentiel et justifier au mieux pourquoi le film les a ou non convaincus.

Le soir, tout le monde a rendez-vous au restaurant. Mais avant, quelques garçons ont décidé de se mettre sur leur 31. Chemise blanche et nœud papillon, ils sont de nouveau prêts pour la Croisette. Avec leur pancarte "On cherche des places", Moritz et son ami David espèrent pouvoir assister à une projection de la compétition officielle. Hier, des élèves de Colmar ont réussi à dénicher des places pour le film Agora. Il reste une semaine à nos jeunes pour faire le plein de films, profiter de leur rôle de critiques et du soleil de Cannes!

 

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Transmettre sa passion de l'écriture

 
08/06/2009
 

"Certains films ne sont pas faciles d'abord. Il faut savoir prendre du recul". A 29 ans, Julia Lowy est déjà une habituée de Cannes. Voilà six ans qu'elle anime la Toute jeune critique, dans le cadre de la Semaine Internationale de la Critique et en partenariat avec l'OFAJ. Et c'est toujours avec le même enthousiasme qu'elle ouvre aux lycéens sélectionnés les portes de ce festival sinon largement réservé aux professionnels.




Après ses études en lettres et cinéma, Julia est choisie comme membre du jeune jury cannois en 2002. Puis, elle participe à différents festivals dont celui d'Angers, avant de rejoindre la section nouveaux médias chez Canal +. Entre temps, elle rédige aussi quelques critiques pour des sites web et s'essaie même au scénario. Mais chaque année, elle est au rendez-vous à la Maison des associations de Cannes pour faire partager à des plus jeunes ses passions du cinéma et de l'écriture.

Comment? Encadrer les débats, pousser à la réflexion, aider à trouver la bonne formulation, donner des conseils d'écriture. "L'important, c'est qu'ils justifient toutes leurs émotions… même l'ennui!", commente Julia.

Pour Julia, la Semaine de la Critique a l'avantage de présenter une programmation peu commune. "Les lycéens découvrent un nouveau cinéma, avec des films de toutes nationalités et qui sortent des rails commerciaux et médiatiques." Pas étonnant que les séances soient souvent suivies de débats enflammés, qui sortent parfois du cadre du film.

"On laisse un maximum de libertés aux lycéens. On leur demande d'écrire quelque chose de personnel, d'original", insiste Julia. L'originalité, un point central de l'exercice de la critique? En 2006, en tout cas, c'est un texte sous forme de recette de cuisine qui avait remporté le prix de la meilleure critique…

Eva John et Romy Strassenburg

 

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