Toutes les informations contenues dans les pages de ce blog proviennent de textes latins d’auteurs comme Virgile, Ovide, Martial, Catulle, César, Tite-Live, Pline ou Hygin… que nous traduisons en cours de latin.
Nous travaillons cette année sur le thème des animaux à Rome :
- ceux qui ont joué un rôle dans la mythologie ou l’histoire
- ceux que les Romains fréquentaient dans leur quotidien.
Nous traduisons ces textes latins en cours avec notre niveau de troisième année et la professeur nous donne des leçons de grammaire dès que c’est nécessaire pour certains passages. Nous apprenons ainsi à mesure de nos besoins.
Voici comment nous procédons :
La professeur nous distribue deux photocopies du texte en latin (une pour le brouillon, l’autre pour le cours) et une page du vocabulaire absent de notre répertoire.
Nous repérons la structure de la phrase : propositions entre crochets et articulations entourées, puis nous soulignons les mots en fonction de leur cas avec un code couleurs.
Nous traduisons littéralement selon une « technique de la version » que nous avons apprise dès la classe de 5e.
Nous nous questionnons avec la professeur pour trouver la traduction la plus agréable à lire sans changer le sens du texte de départ.
Nous reportons sur notre blog les passages-clés du texte en français et en latin, accompagnés d’images pour les illustrer (tableaux, photographies).
En Crète, à Cnossos, dans le palais du roi Minos....
Colonnes d'un péristyle.
Maquette du palais de Cnossos.
Salle du trône.
Le texte d'Hygin
Pasiphae Solis filia uxor Minois sacra deae Veneris per aliquot annos non fecerat. Ob id Venus amorem infandum illi obiecit, ut taurum [...] amaret. In hoc Daedalus exsul cum uenisset, petiit ab eo auxilium. Is ei uaccam ligneam fecit et uerae uaccae corium induxit, in qua illa cum tauro concubuit; ex quo compressu Minotaurum peperit capite bubulo parte inferiore humana. Tunc Daedalus Minotauro labyrinthum inextricabili exitu fecit, in quo est conclusus. Minos re cognita Daedalum in custodiam coniecit, at Pasiphae eum uinculis liberauit; itaque Daedalus pennas sibi et Icaro filio suo fecit et accommodauit et inde auolarunt. Icarus altius uolans a sole cera calefacta decidit in mare, quod ex eo Icarium pelagus est appellatum. Daedalus peruolauit ad regem Cocalum in insulam Siciliam. Alii dicunt: Theseus cum Minotaurum occidit, Daedalum Athenas in patriam suam reduxit.
Notre traduction
Pasiphae, fille du soleil et femme de Minos, roi de Crète, n’avait pas fait les sacrifices de la déesse Vénus pendant plusieurs années. C’est pourquoi Vénus lui jeta un sort. C’était un amour tabou. Ainsi, Pasiphae tomba amoureuse d’un taureau.
Botticelli, La Naissance de Vénus, 1485 (Florence).
Sur ce, Dédale, architecte exilé, était revenu et elle lui demanda son aide. Il lui fabriqua une vache en bois sur laquelle il mit la peau d’une véritable vache. Pasiphae y pénétra et s’unit avec le taureau.
Pasipahé et le Minotaure, kylix étrusque, vers 340 av. J.-C. (Bibliothèque nationale, Paris)
Carlo Saraceni, La Chute d'Icare, vers 1600.
Ce mythe d'Icare a inspiré de nombreux peintres :
Pieter Bruegel, La Chute d'Icare, 1558 (Bruxelles).
Voici un texte qui complète l'histoire du Minotaure en relatant l'intervention de Thésée.
Quotannis Athenienses VII juvenes et VII puellas in Cretam mittere debebant. Ibi, Minotaurus eos interficiebat et devorabat. Tum autem Athenae parva civitas erat nec cum Minoe bellum gerere poterat. Tum Theseus, Atheniensium regis filius, in Cretam ire statuit quia cupiebat saevum animal interficere. Ariadna, Minois filia, ei longum et leve filum dedit.Juvenis per layrinthum filum evolvit et acri difficilique proelio Minotaurum interfecit. Deinde Ariadnae filo exire e labytintho potuit et Cretam cum Ariadna reliquit.
Thésée tuant le Minotaure, coupe grecque, V e siècle av. J.-C. (Florence).
Le combat de Thésée contre le Minotaure est représenté sur de nombreux vases grecs.
Cerbère vu par Virgile (Énéide, chant VI, vers 410 sq.)
Énée, accompagné de la Sibylle, descend aux Enfers...
Brueghel L'Ancien, Énée et Sybille, 1600.
Caeruleam aduertit puppim, ripaeque propinquat.
Inde alias animas, quae per iuga longa sedebant,
Deturbat, laxatque foros; simul accipit alueo
Ingentem Aenean. Gemuit sub pondere cymba
Sutilis, et multam accepit rimosa paludem.
Tandem trans fluuium incolumis uatemque uirumque Informi limoglaucaque exponit in ulua.
Notre traduction
[Charon] tourne la proue bleu foncé et s’approche de la rive. Ensuite, il chasse les autres âmes qui étaient assises partout sur les longs bancs de rameurs, et il libère le pont. En même temps, il accueille dans la coque le grand Énée. La barque faite de nombreuses pièces, gémit sous son poids, et par ses fentes elle se remplit d’eau croupie. Enfin, par delà le fleuve, il dépose cet homme sain et sauf sur la boue informe et l’algue gluante.
Virgile nous offre ici une description des Enfers
représentative de l'image que les Grecs et les Romains avaient de ce monde parallèle.
UN ROYAUME IMMATÉRIEL, COUPÉ DU MONDE DES VIVANTS.
« haec regna »: ces royaumes
« iremeabilis »: d'où l'on ne peut revenir
« animae »: les âmes (décrites comme des fantômes)
Un monde minéral
Un monde aquatique
Un monde indéfini, ni solide, ni liquide,
où les éléments terre et eau se mêlent
« antro » employé deux fois
« ulua » : l'algue
« palus »: l'eau stagnante du Styx(un des fleuves des Enfers)