Jeudi, à l''heure du déjeuner, je suis à Attac, dans le centre commercial de Bobigny.
A la caisse, je tombe sur trois garçons de troisième d''alternance. Je suis étonnée de les trouver là. Ils m''apprennent qu''ils ne mangent pas à la cantine, parce que c''est cher (2euros 20) et pas bon mais qu''ils ne peuvent pas rentrer chez eux parce qu''ils habitent trop loin (1h de trajet). Les cours se treminant à midi et reprenant à 13h30, effectivement, ils n''ont pas le temps. Je leur demande ce qu''ils comptent manger. Ils me montrent ce qu''ils ont dans les mains: un paquet de gâteaux chacun et un pack de jus de fruit. J''y vais de ma petite morale: "Mais ça va pas du tout! Ce n''est pas équilibré comme repas! Il faut que vous achetiez des légumes, je sais pas moi, une tomate ou une carotte, et puis des fruits! Et c''est pas suffisant, vous allez avoir faim!" Leur réponse: "C''est bon, madame, ces gâteaux-là (des Sprtitz, deux sachets de 6, détail qui aura son importance) ils calent trop. Franchement, c''est le moins cher qu''on peut trouver à Attac et après on n''a plus faim. Et les vitamines, elles sont là!" (grand sourire et doigt pointé sur le pack de jus multi-vitaminé).
15 minutes plus tard, je les recroise. J''ai mon panini à la main. Je leur demande s''ils en veulent un bout. Ils refusent. Mais tel est pris qui croyais prendre. "Tenez madame, pour votre dessert." Yacine est en train de me tendre un sachet de 6 Spritz, la moitié de son paquet de gâteaux, donc. Je refuse ("Non, non Yacine, merci beaucoup"). Il insiste ("Si tenez, madame, c''est pour vous") Je continue à refuser ("c''est vraiment gentil Yacine, mais j''ai mon panini, c''est bon, garde-les pour toi"). Il continue à insister ("C''est pour votre dessert madame, moi c''est bon, je vais être calé"). Intervention du collègue qui m''accompagne: "Heu, on est en train de t''offrir quelque chose là, alors accepte-le...". Du coup, j''ai bafouillé des remerciements et j''ai pris les gâteaux.